Réponse rapide : Dans l'astrologie médicale traditionnelle, les médecins réglaient la saignée, ou phlébotomie, sur la Lune. La règle courante consistait à éviter d'ouvrir une veine dans la partie du corps gouvernée par le signe que la Lune traversait, et à surveiller la phase et les aspects de la Lune.
Pour un médecin formé avant l'ère moderne, tirer le sang était un traitement de routine, et choisir l'heure représentait la moitié de l'art. La Lune lui disait quand saisir la lancette et quand s'abstenir. Ce qui suit décrit cette manière perdue de mesurer le temps comme un chapitre de l'histoire de la médecine.

Ce que la phlébotomie signifiait dans l'ancienne médecine
La médecine classique, d'Hippocrate à Galien, tenait que la santé était un équilibre des quatre humeurs : le sang, le phlegme, la bile jaune et la bile noire. La maladie se lisait souvent comme un excès, une pléthore, d'une humeur. La saignée était le remède direct contre cet excès, en évacuant la matière que l'on croyait surcharger le système. Galien écrivit longuement sur le moment et la quantité à tirer, et ses règles régirent la pratique européenne et islamique pendant plus de mille ans. La carte du chirurgien était l'« homme de la saignée » ci-dessus, une figure cernée des veines qu'il pouvait ouvrir, des tempes aux chevilles.
La règle de la Lune
La règle de temporalité qui reliait cela à l'astrologie était simple à énoncer. La Lune gouverne l'humidité et les marées du corps, et elle parcourt un signe du zodiaque environ tous les deux jours et demi. Chaque signe gouverne une région du corps par la mélothésie zodiacale, le schéma de la tête aux pieds de l'Homme zodiacal. Les médecins médiévaux et modernes enseignaient qu'il ne fallait pas inciser ni tirer le sang du membre gouverné par le signe que la Lune occupait alors, car cette partie était réputée la plus vulnérable tandis que la Lune l'enflammait.
| Lune dans le signe | Partie du corps gouvernée | Traditionnellement évitée pour la lancette | | --- | --- | --- | | Bélier | Tête, visage | Saignée à la tête | | Taureau | Cou, gorge | Veines du cou et de la gorge | | Gémeaux | Bras, épaules, mains | Veines du bras | | Cancer | Poitrine, estomac, sein | Région de la poitrine | | Lion | Cœur, haut du dos | La région du cœur et le dos | | Vierge | Ventre, intestins | L'abdomen | | Balance | Reins, bas du dos | Le bas du dos | | Scorpion | Parties génitales, vessie | Le bas du tronc | | Sagittaire | Hanches, cuisses | Veines de la cuisse | | Capricorne | Genoux | Les genoux | | Verseau | Mollets, chevilles | Le bas des jambes | | Poissons | Pieds | Les pieds |
Ce tableau consigne une convention de temporalité historique, telle que l'enseignait la tradition.
Croissante, décroissante et la phase de la Lune
Au-delà du signe, la phase importait. Parce que l'on pensait que la Lune gonflait les fluides du corps comme elle gonflait les marées, de nombreux auteurs tenaient que les humeurs coulaient plus abondamment sous une Lune croissante et pleine, et plus minces à mesure qu'elle décroissait. Certains y voyaient la meilleure fenêtre pour évacuer un excès, d'autres le moment de s'abstenir. Les aspects de la Lune étaient également pesés : une Lune s'approchant de Saturne ou de Mars, les deux maléfiques, conseillait la prudence, tandis qu'un aspect de soutien de Jupiter ou de Vénus se lisait comme favorable. Observer les phases de la Lune faisait autant partie du calcul que le signe.
La veine et la doctrine de la révulsion
Le choix de la veine à ouvrir suivait sa propre logique. La doctrine de la révulsion tirait le sang loin du mal pour en éloigner l'humeur, tandis que la dérivation le tirait tout près pour conduire l'humeur au-dehors le long de son trajet. La figure de la saignée servait au chirurgien de tableau de référence des veines nommées, chacune liée à une région et à une affection. La règle astrologique se posait par-dessus cette anatomie, un filtre de temporalité étalé sur une carte de lieux.
De l'almanach à Culpeper
Pendant des siècles, presque tous les almanachs imprimés portaient l'Homme zodiacal, précisément pour qu'un foyer puisse vérifier où se tenait la Lune avant toute saignée. Le médecin anglais Nicholas Culpeper, écrivant dans les années 1650, intégra ces précautions lunaires dans ses ouvrages médicaux populaires, et sa méthode de la décombiture surveillait le mouvement de la Lune vers les « jours critiques » d'une maladie. Le même instinct, selon lequel le signe et la phase de la Lune façonnent le moment, traverse toute la tradition qui produisit aussi la Part de maladie.
Foire aux questions
Pourquoi les médecins réglaient-ils la saignée sur la Lune ?
Ils croyaient que la Lune gouvernait l'humidité du corps et gonflait ses humeurs comme elle gonflait les marées, de sorte que son signe et sa phase étaient réputés marquer le moment où une partie du corps était la plus vulnérable ou la plus prête à être soulagée. C'était une convention de temporalité superposée à la médecine humorale galénique, non une science indépendante.
Quel signe évitait-on pour quelle partie du corps ?
Par la mélothésie zodiacale, les signes vont de la tête aux pieds : ainsi la Lune en Bélier déconseillait la saignée à la tête, en Taureau la gorge, et ainsi de suite jusqu'aux Poissons et aux pieds. L'idée était d'éviter d'intervenir sur le membre que la Lune était alors réputée enflammer.
La saignée lunaire est-elle utilisée en médecine aujourd'hui ?
Non. La saignée de routine comme sa temporalité astrologique appartiennent à l'histoire de la médecine.
Explorer la tradition
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