Réponse rapide : Les quatre tempéraments (colérique, sanguin, mélancolique, flegmatique) sont nés comme une théorie médicale des humeurs chez Galien. Ils ont perdu leur fondement médical au dix-neuvième siècle, puis Kant, Wundt, Eysenck et Keirsey les ont reconstruits en psychologie du caractère. La version astrologique garde la couche élémentaire et planétaire que la psychologie moderne a abandonnée.
Les quatre tempéraments comptent parmi les idées les plus durables de la pensée occidentale. Ils sont nés comme une physiologie, ont mûri comme une astrologie, et survivent aujourd'hui dans la théorie moderne de la personnalité, souvent sans que personne ne remarque cette filiation. Cet article suit ce fil honnêtement, des humeurs de Galien aux questionnaires du vingtième siècle. Il marque aussi les endroits où la lecture astrologique diffère encore de la lecture psychologique.

D'où viennent les tempéraments
Le schéma ne fut pas inventé d'un seul coup. La médecine hippocratique du cinquième siècle avant notre ère proposait quatre fluides corporels, ou humeurs : le sang, le phlegme, la bile jaune et la bile noire. Vers 190 de notre ère, Galien de Pergame fondit ces humeurs avec les quatre qualités d'Aristote (chaud, froid, humide, sec) et les quatre éléments. Il en tira quatre krasis, ou mélanges : les tempéraments. Chacun était chaud ou froid, humide ou sec, et portait un caractère autant qu'une physiologie.
L'astrologie absorba cette grille presque aussitôt, car elle reposait déjà sur les mêmes quatre éléments. Les signes de feu, Bélier, Lion et Sagittaire, portaient la note colérique, chaude et sèche. Les signes d'air, Gémeaux, Balance et Verseau, portaient la note sanguine, chaude et humide. Les signes de terre, Taureau, Vierge et Capricorne, portaient la note mélancolique, froide et sèche. Enfin les signes d'eau, Cancer, Scorpion et Poissons, portaient la note flegmatique, froide et humide. La Tetrabiblos de Ptolémée exposait le versant planétaire de la même image : Saturne froid et sec, Mars chaud et sec, Jupiter chaud et humide, la Lune froide et humide. Vous pouvez lire la carte élémentaire complète dans les tempéraments et les quatre éléments.
| Tempérament | Élément | Qualité | Humeur | Signes du zodiaque | | --- | --- | --- | --- | --- | | Colérique | Feu | Chaud et sec | Bile jaune | Bélier, Lion, Sagittaire | | Sanguin | Air | Chaud et humide | Sang | Gémeaux, Balance, Verseau | | Mélancolique | Terre | Froid et sec | Bile noire | Taureau, Vierge, Capricorne | | Flegmatique | Eau | Froid et humide | Phlegme | Cancer, Scorpion, Poissons |
L'effondrement du fondement humoral
Pendant près de dix-sept siècles, les tempéraments furent une médecine littérale. Le médecin jugeait si un patient était trop chaud ou trop humide, puis corrigeait le déséquilibre par le régime, les plantes et l'hygiène de vie. Ce cadre tint jusqu'à l'arrivée de la chimie et de la biologie cellulaire modernes. Au dix-neuvième siècle, la bile noire n'avait plus de place dans le corps, le sang se comprenait par sa circulation et non plus comme un fluide de caractère, et la thérapie humorale fut discrètement mise à la retraite.
Le point remarquable, c'est que les quatre types ne moururent pas avec la physiologie qui les avait produits. Médecins et philosophes continuèrent d'employer colérique, sanguin, mélancolique et flegmatique comme descriptions de caractère, bien après avoir cessé de croire aux humeurs. Ces mots étaient devenus un vocabulaire de la personnalité, détaché de la médecine qui les avait forgés.
Kant transforme l'humeur en caractère
Le pont entre la médecine et la psychologie passe par Emmanuel Kant. Dans son Anthropologie du point de vue pragmatique (1798), il garda les quatre tempéraments, mais les redéfinit à partir du sentiment et de l'activité plutôt que du fluide corporel. Il rangea le sanguin et le mélancolique parmi les tempéraments du sentiment, le colérique et le flegmatique parmi ceux de l'activité, et les traita comme des dispositions stables du caractère. Wilhelm Wundt, fondateur de la psychologie expérimentale, affina plus tard cette idée. Il plaça les quatre types sur deux axes, émotion forte contre émotion faible et changeant contre immuable, ce qui annonçait déjà la grille moderne des traits.
Eysenck les reconstruit en dimensions de traits
Le renouveau moderne le plus important vint de Hans Eysenck, au milieu du vingtième siècle. Travaillant à partir de questionnaires de personnalité et de statistiques, il proposa deux grandes dimensions : introversion contre extraversion, stabilité contre névrosisme. En les croisant, il obtint quatre quadrants qui correspondaient presque exactement aux tempéraments antiques. L'extraverti stable est le sanguin, l'extraverti instable le colérique, l'introverti stable le flegmatique, l'introverti instable le mélancolique. Eysenck traça lui-même le diagramme et nomma les quadrants avec les mots classiques : un cas rare de théoricien moderne créditant ouvertement le schéma antique.
C'est là le cœur honnête de l'histoire. Eysenck ne prouva pas les humeurs. Il découvrit que le motif des quatre types, disposé sur deux axes d'énergie et de réactivité, réapparaissait sans cesse dans les données. La grille a survécu parce qu'elle capte une structure réelle dans la façon dont les gens diffèrent, quelle que soit l'explication qu'on y attache.
Keirsey, l'ère du MBTI et de nouveau quatre
Le motif refit surface à la fin du vingtième siècle. David Keirsey, dans le prolongement de la tradition Myers-Briggs, répartit les gens en quatre « tempéraments » nommés d'après le schéma classique : Artisan, Gardien, Idéaliste et Rationnel. Dans son livre Please Understand Me, il fit remonter la lignée jusqu'à Hippocrate et Galien. Les typologies populaires en couleurs et en animaux, vendues dans les salles de formation d'entreprise, descendent elles aussi de ces mêmes quatre types. La psychologie moderne préfère aujourd'hui cinq traits continus, et pourtant la forme quadruple refuse de disparaître : deux axes croisés donnent toujours quatre coins.
Ce que la version astrologique conserve
Ici les deux traditions se séparent, et il vaut la peine d'être précis. La théorie moderne de la personnalité a gardé les quatre types, mais a laissé tomber la mécanique qui les portait : plus d'éléments, plus de planètes, plus de données de naissance. La version astrologique conserve cette mécanique. Elle lit le tempérament à partir du thème entier : l'Ascendant et son maître, la Lune et sa phase, la saison de naissance et la secte du thème, plutôt qu'un questionnaire auto-rapporté. Elle rattache chaque type à des signes du zodiaque et à des éléments concrets et à une planète maîtresse. Ainsi le mélancolique est saturnien et terrien, le colérique martien et igné.
Cette couche supplémentaire est justement ce que la psychologie a mis de côté, et c'est pourquoi il ne faut pas confondre les deux systèmes. L'élaboration Renaissance d'un seul type, le génie mélancolique sous Saturne, montre bien la profondeur symbolique que porte la lecture astrologique et qu'un score de trait ne possède pas.
Questions fréquentes
Les quatre tempéraments sont-ils scientifiques ?
Pas sous leur forme humorale d'origine, que la médecine moderne a entièrement abandonnée. Mais le motif quadruple a réapparu dans la psychologie sérieuse du vingtième siècle, surtout dans le modèle à deux axes de Hans Eysenck, dont les quatre quadrants s'alignent sur les types antiques. Les types décrivent de vraies différences de caractère, même si l'explication humorale qui les portait est obsolète.
La théorie moderne de la personnalité vient-elle vraiment de l'astrologie ?
L'ancêtre commun est la médecine galénique, pas l'astrologie. L'astrologie et la psychologie ont toutes deux hérité les quatre tempéraments de Galien et d'Hippocrate. Kant, Wundt, Eysenck et Keirsey ont développé la branche psychologique, tandis que l'astrologie a gardé la branche élémentaire et planétaire. Elles sont cousines issues d'une source commune, et non l'une descendant de l'autre.
En quoi le tempérament astrologique diffère-t-il d'un test de personnalité ?
Un test de personnalité vous demande de vous décrire, puis trie vos réponses en types. La méthode astrologique, elle, lit le tempérament dans le thème lui-même : surtout l'Ascendant et son maître, la Lune et la saison de naissance. Elle rattache chaque type à un élément et à une planète maîtresse. C'est une autre voie vers une image quadruple apparentée.
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